Nouveaux comportements pour les clients fortunés
En 2009, le rebond sur les marchés financiers a eu pour conséquence une augmentation de 17,1% du nombre de millionnaires à travers le monde. Tiré par la région Asie-Pacifique, ce redressement efface quasiment le recul constaté en 2008.
En France, la hausse a été plus faible que la tendance globale avec une augmentation du nombre de millionnaires de 10,8% pour atteindre 383 100 personnes en 2009. De nature plus prudentes, les investisseurs français ont été moins affecté par la crise en 2008 et donc par la reprise des marchés financiers en 2009.

Cependant, malgré le redressement des marchés boursiers, les investisseurs fortunés, profondément marqués par la crise financière, ne se sont pas précipités vers les placements à risques. Ils sont restés prudents, et, pour 90% d’entre eux, attendent en priorité de leurs conseillers et intermédiaires financiers une gestion efficace du risque. Ainsi, ils ont privilégié les placements à rendement garanti, comme le témoigne la hausse des investissements sur le marché obligataire, qui représente 31% de leur portefeuille en 2009 contre 29% en 2008. De la même façon, les investissements immobiliers résidentiels ont retrouvé quelques faveurs en 2009, leur part au sein du patrimoine immobilier passant de 45% à 48%.
Désormais, les investisseurs fortunés se définissent comme «impliqués», «prudents » et « conservateurs» : ils s’impliquent davantage dans les relations avec leurs conseillers, hésitent à se réengager sur les marchés financiers et sont devenus plus frileux face aux risques.
«Ces attentes sont plutôt classiques mais ce qui change c’est l’ordre des priorités : le rendement financier a été dépassé par la transparence et la simplicité, aujourd’hui premières exigences des investisseurs fortunés.» souligne Laurence Chrétien, en charge de cette étude pour la France au sein de Capgemini Consulting France.

La prudence incite les personnes fortunées à se tourner vers d’autres formes d’investissement souvent plus tangibles. Ainsi, l’Art et les objets de collection sont considérés comme une forme d’alternative à l’investissement financier. En Europe, en particulier, pour 37,4% des millionnaires les collections d’art représentent un potentiel de bénéfices financiers au même titre qu’un placement sur les marchés. Même si la part de l'art dans les allocations d'actifs s'est légèrement réduite sous l'effet de la baisse des prix (22% en 2009 pour 25% en 2008), il reste l'investissement plaisir privilégié des plus fortunés. "Le marché des enchères s'est effondré en 2009 de près de 44% mais présentait des signes de redressement en fin d'année avec quelques enchères à succès", précise Laurence Chrétien.
Les «bijoux, pierres et montres», et les «autres objets de collection» sont considérés comme des valeurs refuge et représentent une parade à l’inflation au même titre que l’or. Ainsi ces investissements ont légèrement augmenté, et, 23% des investissements «plaisir» sont consacrés aux bijoux et 14% aux objets de collection.

Pour Sébastien Comte, Responsable Technique et Souscription Hiscox Europe «Cette étude révèle les tendances que nous avions anticipé grâce aux retours de nos courtiers partenaires sur le terrain au contact de cette clientèle. Les HNWI se tournent vers des valeurs refuges tel que l'immobilier ou l'art. Il est donc plus que jamais primordial de sécuriser ces investissements grâce à des couvertures adaptées...»