PME à l’international : protéger ses collaborateurs
Parmi les PME françaises, celles ayant une activité à l’international sont plus dynamiques que les autres, avec une productivité et un chiffre d’affaires respectivement supérieurs de 19% et 40%*. En revanche les entreprises françaises, en cherchant des relais de croissance à l’étranger, exposent leurs collaborateurs à de nouveaux risques qu’il convient de mieux appréhender.
« Lorqu’elles se développent à l’international, les PME sont généralement conscientes de la nécessité de sécuriser leurs biens et investissements » note Sylvain Poupeau de la société de conseil en sûreté et en sécurité Scarabe, « mais ce n’est pas toujours le cas pour les risques humains et l’extorsion. » Pourtant, les chiffres sont édifiants : 65% des actes de malveillance touchent les collaborateurs de l’entreprise et non les biens. Les menaces d’extorsion représentent 50% des sinistres kidnapping et extorsion enregistrés par Hiscox. Sylvain Poupeau poursuit : « Lorsqu’il s’implante à l’étranger, le dirigeant sécurise les risques qu’il connaît : ceux présents dans son pays d’origine, comme les accidents de travail et le vol. En cas d’acte de malveillance, il a tendance à prendre des mesures ponctuelles. Pourtant, face à un contexte instable sur le long terme, il conviendrait de mettre en place des mesures de sécurité permanentes. J’ai par exemple vu le cas d’une TPE en Amérique centrale qui, suite à des menaces, a porté plainte auprès de la police. C’est un bon réflexe mais des mesures de sûreté pour protéger le personnel auraient également dû être mises en place.»
« Les enlèvements et les extorsions ne sont pas corrélés à la taille de l’entreprise », explique Sylvain Poupeau, « Il s’agit avant tout d’une question de géographie des risques. » Certains pays réputés sûrs connaissent une instabilité chronique : l’Egypte a subi un attentat tous les deux ans ces dernières années, et un cas d’extorsion sur cinq est recensé en Europe ou en Amérique du Nord. Sylvain Poupeau poursuit : « Les actes malveillants touchent plus les secteurs stratégiques comme l’énergie ou l’agroalimentaire. Les PME sont plus ciblées que les grandes entreprises qui, formées à ce type de risques, appliquent des mesures de sécurisation du personnel.
Des solutions simples et adaptées pour protéger les collaborateurs de l’entreprise existent. Il peut s’agir de changer les horaires de transport si des routes ne sont pas sécurisées ou de recruter du personnel de gardiennage local en cas de risques d’extorsion... »
* Université Paris Dauphine, Déficit du commerce extérieur : une nouvelle clé d’analyse (2007)