Le marché français de la transmission d’entreprise manque de maturité
Bien que le conseil en fusion - acquisition représente un poids économique faible, il joue néanmoins un rôle majeur dans la transmission des PME françaises. Les 550 cabinets de conseil indépendants en France, qui sont en majorité des structures unipersonnelles, accompagnent ainsi près de 2 900 transmissions d’entreprise chaque année. Pourtant le secteur du conseil en fusion - acquisition reste confronté à de nombreux freins culturels et organisationnels.
Il est intéressant de constater que le marché français de la transmission d’entreprise est peu intermédié en comparaison avec le marché anglais, où le recours à des conseils est plus systématique. Ne sachant pas à qui s’adresser pour être accompagnés dans leurs démarches, les dirigeants hexagonaux se débrouillent souvent seuls. Un choix qui pèse sur la valeur de leur entreprise puisque les PME anglaises se vendent en moyenne 15% plus chères que les PME françaises.
Les dirigeants d’entreprise, qui sont 85% à surestimer la valeur de leur capital, gagneraient donc à être mieux préparés et accompagnés en termes de transmission. Pour cela, il est nécessaire de donner un cadre plus structuré au secteur du conseil en fusion - acquisition et de lutter contre les importantes disparités régionales, qui favorisent essentiellement les grandes régions urbaines. Les pouvoirs publics doivent jouer un rôle actif pour informer davantage sur la transmission d’entreprise et les conseils spécialisés qui interviennent dans ce domaine. C’est une condition essentielle pour garantir une plus grande fluidité et une mobilité accrue sur le marché des PME de notre pays.
Adrien Tourres, Président du CNCFA (Compagnie Nationale des Conseils en Fusions et Acquisitions) et Directeur Général de Pax Corporate Finance.